Alors que l’intérêt mondial pour les monnaies numériques de banques centrales (CBDC) connaît un léger recul, Hong Kong poursuit activement son projet d’e-HKD. L’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) a intégré le protocole Chainlink CCIP (Cross-Chain Interoperability Protocol) à la phase pilote de sa CBDC pour faciliter les règlements transfrontaliers entre blockchains publiques et privées.
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Hong Kong choisit Chainlink pour tester l’e-HKD
L’Autorité monétaire de Hong Kong (HKMA) a intégré le protocole d’interopérabilité inter-chaînes (CCIP) de Chainlink dans la deuxième phase de son programme CBDC, lancée le 23 septembre 2024. Ce projet implique 11 groupes d’entreprises qui explorent différents cas d’usage de l’e-HKD, la future monnaie numérique hongkongaise.
L’expérimentation porte sur un cas d’usage précis impliquant des acteurs financiers australiens et hongkongais. Elle nécessite donc de tester la capacité à orchestrer des échanges d’actifs numériques entre plusieurs juridictions, utilisant différentes formes de monnaies électroniques et d’instruments financiers tokenisés. Ces tests techniques évaluent notamment les délais de règlement, la sécurité des transactions et l’intégrité des données échangées.
Pour y parvenir, le protocole d’interopérabilité inter-chaînes (CCIP) de Chainlink joue un rôle central. Conçu pour connecter des blockchains aux architectures variées, autorisées ou non, CCIP facilite la communication entre réseaux habituellement isolés technologiquement. Dans le cadre de cette expérimentation, il est déployé sur le réseau test Ethereum Sepolia, un environnement sécurisé servant de laboratoire avant tout déploiement réel.
Les partenaires de cette initiative regroupent des acteurs majeurs du secteur financier, notamment Visa comme fournisseur technologique, Australia and New Zealand Banking Group (ANZ) pour l’expertise bancaire, ainsi que les gestionnaires d’actifs ChinaAMC et Fidelity International.
Les CBDC face aux réalités du marché mondial
Paradoxalement, le projet de Hong Kong émerge dans un contexte de refroidissement global de l’enthousiasme pour les monnaies numériques. Une récente enquête révèle un recul significatif de l’enthousiasme initial, avec une diminution de moitié du nombre de banques centrales activement engagées dans ces développements depuis 2022. Cette baisse significative souligne les défis techniques, réglementaires et politiques auxquels font face ces projets.
Pourtant, Hong Kong persiste dans sa vision, rejoignant un club sélect de territoires déterminés à concrétiser leurs projets de CBDC. L’Union européenne intensifie ses efforts pour développer sa plateforme, tandis qu’Israël a publié un projet préliminaire de shekel numérique en mars dernier.
En somme, le projet CBDC de Hong Kong adopte une stratégie unique combinant deux types de technologies blockchain. D’un côté, il utilise des réseaux fermés et sécurisés, contrôlés par les autorités financières pour garantir la conformité réglementaire. De l’autre, il exploite des réseaux ouverts et accessibles à tous, favorisant l’innovation et la participation du plus grand nombre. Les conclusions de cette expérimentation, prévues à la fin de cette année, pourront potentiellement guider à l’avenir les autres pays dans la conception de leurs propres monnaies numériques.

Journaliste chez Coinpri, j’ai été captivé par l’univers du bitcoin et de la blockchain dès 2020. L’aspect décentralisé du Bitcoin a particulièrement éveillé mon intérêt. Depuis lors, je m’emploie constamment à diffuser mes connaissances, espérant voir un jour un monde où chacun profite pleinement de sa liberté financière.

