Sam Bankman-Fried et le TDAH : Une Stratégie de Défense au Procès?

À l’aube de la troisième semaine du procès pénal de Bankman-Fried, son équipe de défense adresse une demande inattendue au juge Lewis : elle souhaite obtenir l’autorisation d’accéder aux médicaments pour le TDAH, dont souffre leur client, avant l’audience de ce lundi consacrée aux plaidoiries de la défense.

La défense de SBF demande l’accès à l’Adderall pour garantir sa pleine participation au procès

Après deux semaines de procès impliquant Sam Bankman-Fried, marquées par des révélations inattendues de ses proches, la troisième semaine commence avec une nouvelle inquiétude. Des documents judiciaires, récemment présentés par la défense de Bankman-Fried, ont révélé sa lutte contre le trouble du déficit de l’attention avec (ou sans) hyperactivité (TDAH) et sa dépendance à l’Adderall pour assurer sa concentration. Si, aux Etats-Unis, l’Adderall est utilisé pour soigner les troubles de l’attention, il est interdit en Europe car il est classé dans la catégorie des stupéfiants.

Face à cette situation, les avocats du co-fondateur de FTX ont adressé dimanche une lettre au juge du district de New York, Lewis Kaplan. Ils sollicitent l’autorisation pour que Bankman-Fried puisse prendre une dose de 20 mg d’Adderall à libération prolongée, 12 heures avant son audience.

Ils mettent en avant que l’interruption du traitement pourrait nuire à sa participation active durant son procès, notamment lors de la présentation cruciale des arguments de la défense.

Selon cette lettre, le manque de médication a déjà affecté la concentration de Bankman-Fried pendant le procès. Les avocats s’inquiètent donc de sa capacité à intervenir de façon cohérente lors des prochaines étapes de sa défense.

Bankman-Fried sous traitement psychiatrique depuis 2019

Le juge Kaplan avait précédemment approuvé l’accès de Bankman-Fried à l’Adderall et aux antidépresseurs en raison de ses antécédents de troubles dépressifs graves. Cette autorisation reposait sur les plaidoiries de ses avocats, qui ont mis en évidence son passé marqué par un trouble dépressif majeur et le syndrome de TDAH. Ils ont également mentionné qu’il était suivi médicalement depuis le début de l’année 2019.

Néanmoins, lors de l’audience du 22 août, la défense a exprimé des inquiétudes, car Bankman-Fried n’avait pas pris d’Adderall pendant les 11 jours précédents. Dans leur plaidoirie, ils ont émis des réserves sur l’efficacité actuelle de la dose d’Adderall à libération prolongée.

Devant ces incertitudes, les avocats de Bankman-Fried ont suggéré de reporter le procès d’une journée, afin de déterminer la meilleure marche à suivre pour garantir une conduite sereine de la suite du procès.

La santé mentale et le bien-être des individus sont souvent invoqués au cœur des procédures judiciaires. Dans le cas de SBF, bien que la cour prenne en compte ses besoins médicaux, il semble légitime de s’interroger sur l’authenticité de ces allégations. 

Après tout, ayant déjà plaidé non coupable, il n’est pas à exclure que cette mise en avant de ses troubles soit une stratégie pour influencer la décision judiciaire ou pour préparer une éventuelle défense basée sur l’altération du discernement. La suite du procès sera donc intéressante à suivre.