L’Inde pourrait bientôt rejoindre la course mondiale aux réserves Bitcoin nationales. Un responsable du parti au pouvoir propose un projet pilote d’État, remettant en question la politique fiscale actuelle du pays.
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Le BJP pousse l’Inde vers une reconnaissance stratégique du Bitcoin
Pradeep Bhandari, porte-parole national du Bharatiya Janata Party (BJP), a encouragé les décideurs indiens à adopter une approche mesurée du Bitcoin dans une tribune publiée par India Today. Le responsable politique suggère qu’un programme pilote, même à petite échelle, pourrait renforcer la résilience économique de l’Inde, qualifiant cette démarche de « calculée vers la reconnaissance de la légitimité des actifs numériques ».
Sa proposition s’appuie sur des précédents internationaux concrets. Les États-Unis détiennent actuellement la plus importante réserve de Bitcoin au monde, évaluée à environ 19,3 milliards de dollars, devançant la Chine, le Royaume-Uni et l’Ukraine. Le Bhoutan exploite déjà le Bitcoin grâce à une initiative soutenue par l’État, démontrant que des stratégies souveraines en cryptomonnaies sont non seulement réalisables, mais déjà opérationnelles dans la région.
Pour Bhandari, l’Inde ne peut se permettre de prendre du retard dans cette course technologique et financière. Le pays dispose d’atouts considérables avec son infrastructure d’énergie renouvelable en expansion rapide, lui permettant de développer une stratégie Bitcoin souveraine cohérente. Cette urgence se justifie d’autant plus que des puissances émergentes comme le Brésil et la Russie envisagent également de constituer leurs propres réserves Bitcoin nationales.
Un paradoxe réglementaire qui freine l’innovation
L’Inde maintient actuellement une approche contradictoire envers les cryptos, appliquant une fiscalité particulièrement lourde sans fournir de cadre réglementaire approprié. Le régime fiscal impose un taux forfaitaire de 30 % sur les plus-values crypto, complété par une retenue à la source de 1 % sur toutes les transactions supérieures à 10 000 roupies. Si cette politique génère des revenus fiscaux substantiels pour l’État, elle maintient les investisseurs et entrepreneurs dans une incertitude juridique préjudiciable.
Cette situation « taxée, mais non réglementée », selon l’expression de Bhandari, crée un environnement défavorable pour les participants du marché crypto indien. L’absence de cadre réglementaire clair limite considérablement le potentiel d’innovation responsable et décourage les investissements institutionnels. Une réglementation transparente pourrait transformer cette dynamique en apportant la supervision nécessaire tout en préservant l’attractivité du secteur.
Cette proposition intervient dans un contexte international favorable, avec l’Allemagne, Hong Kong et la Pologne menant activement les discussions sur l’adoption du Bitcoin dans leurs réserves nationales.
La société d’investissement Bernstein avait d’ailleurs exhorté l’Inde, dès novembre 2024, à reconnaître le Bitcoin comme actif de réserve stratégique, établissant un parallèle avec le rôle traditionnel de l’or dans la stratégie financière indienne. L’analyse soulignait le potentiel du Bitcoin comme protection contre l’inflation, l’endettement américain croissant et l’instabilité géopolitique mondiale.
La proposition de Pradeep Bhandari pourrait marquer un tournant décisif dans l’approche indienne des cryptomonnaies. Alors que de nombreux pays progressent vers un stockage stratégique national du Bitcoin, l’Inde se trouve face à un choix : maintenir son paradoxe réglementaire actuel ou évoluer vers une position plus cohérente sur la scène financière internationale.

Journaliste chez Coinpri, j’ai été captivé par l’univers du bitcoin et de la blockchain dès 2020. L’aspect décentralisé du Bitcoin a particulièrement éveillé mon intérêt. Depuis lors, je m’emploie constamment à diffuser mes connaissances, espérant voir un jour un monde où chacun profite pleinement de sa liberté financière.

