La Chine exporte sa croisade crypto en Angola, les mineurs risquent gros

La Chine poursuit sa lutte acharnée contre le mining crypto, même au-delà de ses frontières. L’ambassade chinoise en Angola a lancé un avertissement sévère à ses ressortissants impliqués dans des activités de mining, les avertissant de sanctions drastiques pouvant aller jusqu’à 12 ans d’emprisonnement et la saisie de leurs équipements.

L’Angola passe de l’accueil à la répression des mineurs de bitcoins

Depuis l’interdiction du mining de bitcoin en Chine en juin 2021, les mineurs chinois se sont lancés dans une quête effrénée de nouveaux eldorados. L’Afrique, avec ses tarifs électriques attractifs et sa réglementation initialement bienveillante, est rapidement devenue une destination de choix. Les mineurs y ont afflué en masse, attirés par le faible coût de l’énergie, proposé par des pays comme l’Éthiopie et l’Angola.

L’Angola, en particulier, s’est distinguée par ses tarifs électriques extrêmement compétitifs. Selon Statista, le pays offrait une électricité à bas prix, avec un coût de seulement 17,1 $ par mégawattheure en 2020. Cette aubaine énergétique a attiré de nombreux mineurs chinois, transformant l’Angola en véritable foyer pour cette industrie énergivore.

Cependant, le vent a tourné le 10 avril dernier lorsque le Parlement angolais a adopté une loi criminalisant toute forme de mining crypto sur son territoire. Désormais, les individus pris en flagrant délit de possession d’informations ou d’équipements liés à cette activité risquent de lourdes peines de prison. La simple détention de matériel de mining est passible de 1 à 5 ans d’emprisonnement. 

Quant à ceux qui se livrent directement au minage ou qui connectent leurs équipements au réseau électrique national, ils encourent des peines encore plus sévères, pouvant aller jusqu’à 12 ans de réclusion.

L’ambassade de Chine en Angola lance un avertissement ferme à ses ressortissants

Face à cette nouvelle législation, l’ambassade de Chine en Angola a rapidement réagi en rappelant à ses citoyens l’interdiction formelle de se livrer à des activités de mining crypto dans le pays. 

Dans un communiqué publié récemment, elle a exhorté ses ressortissants à se conformer strictement à la nouvelle réglementation, insistant sur les lourdes sanctions prévues par la loi angolaise. Les contrevenants s’exposent non seulement à de longues peines de prison, mais aussi à la confiscation pure et simple de leur matériel de mining.

Au-delà des aspects purement légaux, l’ambassade a tenu à souligner les nombreux dangers liés au mining crypto. Selon elle, cette activité est en effet susceptible de perturber gravement l’ordre économique et financier de l’Angola, en détournant des ressources énergétiques précieuses et en contribuant à la volatilité des marchés. 

De plus, le mining peut servir de couverture à des activités illégales, telles que la fraude, le blanchiment d’argent ou les systèmes pyramidaux. Autant de dérives que les autorités chinoises entendent combattre avec la plus grande fermeté.

Cette récente mise en garde illustre la détermination de Pékin à poursuivre sa croisade contre le mining cryptos, même au-delà de ses frontières. Après avoir banni cette activité sur son propre territoire, la Chine semble déterminée à décourager ses ressortissants à se livrer au mining cryptos, peut importe où ils se trouvent. Si l’Angola avait pu apparaître comme une terre promise pour les mineurs chinois en exil, le durcissement de la législation locale vient brutalement compromettre leurs espoirs de reconversion.